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jeudi 28 mars 2013

ABUS DE FAIBLESSE!





ABUS DE FAIBLESSE !
 
Un pingouin roitelet d’un morceau de banquise
de l’espèce manchot mais point celle d’empereur
vint à fréquenter, à s’en faire quémandeur,
la demeure cossue d’une riche marquise.
 
Avide d’argent et de reconnaissance
assez pour y paraître signalé débiteur
ce manchot patinait dans la place en douceur,
fier de fréquenter les gens de belle aisance.
 
La chose eut été de peu de conséquences,
il n’est point criminel de vivre en pique-assiette,
si ladite marquise n’avait perdu la tête
dilapidant son bien sans reçus ni quittances.

La bourse regonflée des écus de la duègne,
le manchot fût tôt prêt à battre la campagne,
à ne pas ménager ses efforts ni sa hargne
quand arriva le temps du changement de règne.
 
La gens des pingouins crût que cette énergie
serait de bon aloi pour la communauté,
mais dut vite déchanter pour certains « à coté »
et deniers de la troupe partis en gabegie.
 
Après cinq ans passés on lui fit préavis
et avec vint le temps d’établir l’inventaire.
De cette peine et du soin furent dépositaires
les juges, d’épingler le pingouin, bien ravis.


N’avait-il profité, abusé la marquise,
sans regrets ni remords qui requièrent confesse ?
N’était-il pas coupable d’un abus de faiblesse,
délit plus que honteux valant bien les assises ?
 
Le plus simple eut été faire avouer la vieille,
qu’elle parle, au besoin qu’on applique la question !
Mais d’anciennes pratiques il n’était plus question,
d’autant que la sujette sucrait fraises et oseille.
 
Qu’à cela ne tienne, on avait des témoins !
Il était, en ces lieux, plus d’un oeil indiscret
de ceux qui ont du mal à garder le secret
qui se mettent à table et parlent de besoin.
 
Combien furent les visites rendues à la marquise ?
Une seule, affirmait-il, et pour faire bonne mémoire
sans qu’il y soit question de manger et de boire,
ni marque d’affection, ni échange de bises.
 
Au moins deux, jurèrent les pingouins du service !
Ainsi fut établi qu’il en avait menti
de la fréquentation et nul ne consentit
y voir là un oubli, une bévue de novice.

Pour les juges la marquise avait le cul cousu
de fils d’or et d’argent. Assez pour attirer
un manchot sans scrupules. Et non pas ces attraits
qu’on prête, en général, aux faiseuses de cocus.
 
Tenez-vous à l’écart des juges trop gentils !
Ayez de bons mobiles pour vos fréquentations
pas l’attrait de l’argent, sans une déclaration,
car le danger est grand de passer pour un vil !


GBA à la Fontaine
28.03.2013

 
Email : correspondance@editiondelomnibus.com


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mercredi 6 mars 2013

PAVANE POUR UNE EUROPE (presque) DEFUNTE



 
Extrait des  "Fables de l’omnibus, d’hier et d’aujourd’hui »


 

PAVANE POUR UNE EUROPE (presque) DEFUNTE

1ère partie : « le temps des crétins »
 
 

L’empire d’Occident, après moult batailles,
depuis plus de mille ans s’était fort divisé
si bien qu’un jour certains, à la mine avisée,
voulurent y faire retour, souscrire un nouveau bail.

« Pourquoi pas une défense qui nous soit tous commune ?
Faisons, d’un même pas, marcher toutes nos armées !
Choisissons-nous un roi à qui tous nous confier,
si notre choix doit être de ces deux choses l’une?"

 
Mais marchands et banquiers n’étaient pas de l’avis
qu’il faille aller si loin sur la voie de l’union.
Leur intérêt n’était la commune opinion
d’une force centrale qui leur serre la vis.

« Baissons plutôt la taille, ouvrons grand nos frontières
ne restons pas passifs, assis sur notre cul."
Leur voix avait le son cristallin des écus
qui tintent dans les bourses et dans les aumônières.

 
Leur point fut entendu. Vint donc le libre échange,
étranger au bon peuple qui ploie sous le fagot,
n’importe les on-dit, n’importe les ragots
pourvu qu’au point final on y gagne au change.
 
Seule l’ombre noire de la banqueroute
leur faisait des nuits blanches à implorer Pierrot,
à regretter le temps des fermiers généraux
où imposer le peuple ne faisait point de doutes.
 
L’un d’eux prit la parole, « voici mon opinion,
les Etats sont sans risque de se voir en faillite,
prêtons leur notre argent et faisons leur l’invite
ne plus user du leur pour parer l’inflation !
 
Le peuple veut l’union, saisissons notre chance,
faisons lui miroiter une monnaie unique
où nul battrait écus à la façon inique,
d’où viennent tous leurs maux, toutes leurs souffrances.

Ainsi nous serons maîtres d’accorder le dédit,
de dicter l’intérêt à notre convenance
assurés d’en avoir l’entière redevance
et fixer la gabelle comme gage du crédit".

 
C’est ainsi qu’à Maastricht, au pays des moulins,
où périt d’Artagnan, un noble mousquetaire,
on vit périr l’Etat de plus vile manière,
par effet d’un traité à la plume de crétins.
 
Et hommes politiques, tous sots à plus qu’en faire,
n’eurent autre ressource que souscrire à l’emprunt,
comme l’avait prévu le financier malin,
pour parer à leurs frais, leurs dépenses budgétaires.
 
Ainsi firent leur retour les fermiers généraux
et par voie du crédit la mainmise sur l’Etat
et donc revint la dette, avec le Tiers Etat
comme du temps passé, du temps de nos pires maux.
 
Verra-t-on, à nouveau, souffle révolutionnaire ?
La tête de nos banquiers sur des piques juchée ?
La messe monétariste par ses dévots prêchée,
à l’abri du regard comme prêtres réfractaires ?

 
… à suivre,

2ème partie « l’Empire ressuscité ?»


GBA à la Fontaine
06.03.2013

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